LUCIO FULCI (1927-1996)

Lucio Fulci naît le 17 juin 1927 à Rome dans une famille antifasciste sicilienne. Marqué très tôt par le deuil, il grandit dans un milieu féminin, entouré de sa mère, sa tante et sa grand-mère. Le jeune Lucio Fulci se passionne pour le football, sport dans lequel il excelle en tant que gardien de but. Au lycée, il commence alors à s’intéresser au milieu intellectuel.
Dans l’immédiat après-guerre, Lucio Fulci écrit dans la Gazzetta delle Arti pour laquelle il interviewe notamment le grand peintre italien Giorgio de Chirico. Il développe ainsi une grande connaissance dans l’art pictural et côtoie Lorenzo Vespignani. Lucio Fulci baigne alors dans un milieu communiste. Il sympathise avec Elio Petri, futur réalisateur d’Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon et de la Classe ouvrière va au paradis, tous deux récompensés à Cannes dans les années 1970. Les deux hommes collaborent ensemble sur deux scénarii qui ne seront jamais portés à l’écran : Isolato 162 et Il settimo si riposa. Son côté « électron-libre » lui cause quelques problèmes avec sa famille et se retrouve donc à dormir un peu partout chez différents amis peintres ou musiciens. A cette époque-là, le jazz devient sa grande passion mais il suit tout de même des études de médecine.
Puis, il se sépare d’une certaine Luisa Federici dont il est terriblement amoureux. Leur différence de classe sociale (elle est très riche) aurait pris le dessus sur leur relation. Cette séparation est un tournant dans la vie de Lucio Fulci. Alors qu’il rentre chez lui en tram, il lit dans le journal l’ouverture des inscriptions au Centro Sperimentale di Cinematografia. L’évidence s’impose : il doit faire du cinéma pour raconter son histoire. Il abandonne donc ses études et se présente à l’examen d’entrée, face à un jury composé de Luchino Visconti (Président), Umberto Barbaro, Michelangelo Antonioni, Pietro Germi, Lucio Battistrada et Antonio Pietrangeli. Malgré sa critique acerbe d’Ossession de Visconti qu’il accuse de plagiat sur Jean Renoir, Lucio Fulci est reçu avec mention !

la terre trembleIl commence à travailler au cinéma en tant qu’assistant d’Aldo Vergano sur la Terre tremble (la Terra trema) de Luchino Visconti. En 1948, il co-réalise trois documentaires avec Carletto Romano. Il écrit également un scénario intitulé Jack il Rugginoso pour Mauro Bolognini mais le projet ne sera jamais réalisé. Le producteur Romolo Laurenti vient le chercher pour qu’il devienne l’assistant de Stefano Vanzina, plus connu sous le nom de Steno. Lucio Fulci se lie d’amitié avec Steno qu’il considèrera jusqu’à sa mort comme son « grand maître. » Il est assistant réalisateur sur le premier film italien tourné en couleur, Totò a colori. Le producteur Carlo Ponti cherche à internationaliser Totò. Il achète donc les droits d’une pièce de Pirandello et demande à Fulci de participer à l’écriture du scénario avec Vitaliano Brancati. Le film intitulé l’Uomo la bestia e la virtù sort en 1953 avec Totò et Orson Welles dans les rôles principaux. Au générique, on remarque également Sergio Leone au poste d’assistant réalisateur, au même titre que Fulci.

i ladriEn 1959, il réalise son premier film de fiction, la comédie I ladri avec Totò, toujours lui. La principale raison de ce passage derrière la caméra serait alimentaire car Lucio Fulci, fraîchement marié, aurait besoin d’argent. Mais cette première expérience se conclut par un échec commercial. Sa grande connaissance musicale lui permet tout de même de réaliser I Ragazzi del Juke-boxe la même année avec Adriano Celentano qui deviendra le Elvis Presley italien. Les deux hommes se retrouvent en 1960 avec Urlatori alla sbarra, film pour lequel Lucio Fulci cosigne 24 Mila Baci, chanson reprise par Johnny Hallyday en 1961. Dans Sanremo, la grande sfida, on peut également entendre Celentano chanter une autre chanson co-écrite par Fulci, Il tuo bacio è come un rock. Après Colpo gobbo all’italiana où il se dispute avec le comédien principal, Lucio Fulci cherche un duo comique pas cher pour son film suivant, I due della legione straniera. Il rencontre alors deux inconnus, Franco Franchi et Ciccio Ingrassia. Le cinéaste distribue les rôles : Franco sera le débile et Ciccio le sérieux. Ainsi naît le duo comique le plus célèbre de l’Italie des années 60/70. Ensemble, ils tourneront treize longs métrages, sans compter Un uomo da ridere tourné pour la télévision seulement avec Franco Franci et Young Dracula dans lequel Ciccio Ingrassia tient un petit rôle.

A suivre...

 

 

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