Riz Ortolani

En dehors de sa célèbre collaboration avec Fabio Frizzi, Lucio Fulci a aussi travaillé avec un autre grand nom du cinéma italien dans le domaine de la musique de film : Riz Ortolani. Riz Ortolani est né en 1931 à Pesaro. Passionné de musique populaire, il fonde au début des années 50 un groupe de jazz, groupe dans lequel il jouera durant une décennie et où il acquerra une certaine célébrité en Italie. Il commence une carrière dans la musique de film dès 1954 avec Le Vacanze del Sor Clemente mais son nom ne devient véritablement connu que quelques années plus tard, lorsqu’en 1962 il écrit la bande originale du pseudo-documentaire Mondo Cane, film à la sulfureuse réputation. Son travail sur le film de Gualtiero Jacopetti est remarqué au point de lui valoir une nomination aux Oscars et une victoire aux Grammy pour le titre More. Ortolani travaille dès lors pour des productions étrangères telles que La Septième Aubeou The Glory Guys, tout en continuant tout au long des années soixante à écrire des bandes originales pour des films de genre italiens. En effet, son registre varié lui permet de s’adapter aux ambiances gothiques de La Vierge de Nuremberg d’Antonio Margheriti comme aux aventures d’espionnage au centre de Berlin, Opération Laser.
Sa première collaboration avec Lucio Fulci s’effectue en 1969 sur Perversion Story, pour lequel Riz Ortolani revient à ses premières amours en écrivant une musique jazz lente, fluide et chaude, fonctionnant sur quelques thèmes simples aux minimes variations. Le film de Lucio Fulci doit beaucoup de son ambiance envoûtante au score d’Ortolani : difficile d’imaginer la ballade aux frontières de la folie de Jean Sorel sans les spasmes musicaux de Riz Ortolani. Le musicien est alors parmi les plus productifs du cinéma italien puisqu’il écrit pour plus de dix films par an : il travaille ainsi notamment sur des gialli tels que Le Tueur à l’Orchidée d’Umberto Lenzi. C’est d’ailleurs pour son giallo rural la Longue Nuit de l’Exorcisme que Lucio Fulci refait appel à Riz Ortolani en 1972. Sur ce film, la musique d’Ortolani est plus variée, alternant les mélodies douces et les passages dissonants, utilisant par moment des cordes rappellant les violons de Bernard Hermann dans Psychose. Ortolani et Fulci retravailleront ensemble sur 2072, les Mercenaires du Futur (1984), pour une collaboration que l’on peut juger moins heureuse, moins soignée aussi certainement de la part du compositeur qui continue d’enchainer les bandes originales. Il en produira plus de 200 durant l’ensemble de sa carrière, carrière toujours en cours. En 2003 Quentin Tarantino a rendu un hommage appuyé à Riz Ortolani en réutilisant plusieurs de ses morceaux dans son Kill Bill.
Filmographie sélective :
Le Vacanze del Sor Clemente (1954) de Camillo Mastrocinque
Les Derniers jours d'un empire (1962) de Antonio Margheriti
Cette chienne de vie (1962) de Gualtiero Jacopetti
Mondo di notte numero 3 (1963) de Gianni Proia
La Femme dans le monde (1963) de Gualtiero Jacopetti
La Vierge de Nuremberg (1963) de Antonio Margheriti
Danse macabre (1964) de Antonio Margheriti
La Septième aube (1964) de Lewis Gilbert
Berlin, opération 'Laser' (1965) de Vittorio Sala
Banditi a Milano (1968) de Carlo Lizzani
Pas de pitié pour les salopards (1968) de Giorgio Steggani
Perversion Story (1969) de Lucio Fulci
Si douces, si perverses (1969) de Umberto Lenzi
Nella stretta morsa del ragno (1971) de Antonio Margheriti
Le Tueur à l'orchidée (1972) de Umberto Lenzi
La Longue Nuit de l'exorcisme (1972) de Lucio Fulci
Les Diablesses (1973) de Antonio Margheriti
Enigma rosso (1978) de Alberto Negrin
Cannibal Holocaust(1980) de Ruggero Deodato
La Maison au fond du parc (1980) de Ruggero Deodato
2072, les mercenaires du futur (1984) de Lucio Fulci
Killer Crocodile (1989) de Fabrizio de Angelis
Killer Crocodile 2 (1990) de Gianetto De Rossi